Les freins identifiés par les porteurs de projet au développement de leurs projets



  • Créée en 2015 à l’initiative de l’Afnic, la Fondation Afnic pour la Solidarité Numérique a pour objet le soutien au développement d’un internet solidaire, la formation et la sensibilisation à ses usages, par le soutien à des initiatives locales de solidarité numérique et à des projets de recherche portant sur le thème de la solidarité numérique.
    En effet, si le numérique facilite notre quotidien pour la recherche d'un emploi, d'un logement, de loisirs, il crée de l'exclusion en particulier chez les personnes âgées, les jeunes non diplômés, et les ménages à bas revenus.
    C'est pourquoi la Fondation Afnic consciente de ces freins, souhaite contribuer au développement d'un internet plus solidaire pour faire du numérique un levier d'insertion pour une société plus équitable.

    Dans le cadre de ses deux premiers appels à projets, la Fondation a demandé aux porteurs de projets lauréats d’identifier les difficultés rencontrées dans leur activité ainsi que les freins à la réalisation des projets numériques qu’ils portent.

    Il s’agit donc d’auto-évaluation de la part des porteurs de projets qui porte sur un 18 mois de travail de déploiement de projets numériques- certains ayant tenté de mettre en œuvre des solutions.

    Nous avons réalisé une synthèse des retours des porteurs de projets que nous nous proposons de porter à la connaissance du groupe de travail :

    Difficultés de mobilisation des acteurs quand le projet le nécessite y compris les citoyens eux-mêmes : identifier, connaitre et se faire connaitre de tous les acteurs du territoire en renforçant écrits, visites, temps de travail en commun et partage de bonnes pratiques, organisation d’évènement à plusieurs acteurs sont nécessaires (chronophage !)

    Peur du changement des usagers : il faut chercher à être toujours plus innovant sur les méthodes d’accueil du public, l’impliquer dès sa première visite pour lui donner un sens et pour lui donner son rôle ; il peut aussi créer de la crainte de voir arriver des acteurs et solutions ‘privés’ dans des sphères ou l’environnement est jusque-là public

    Une faible culture de l'innovation/création dans les milieux non préparés et notamment populaires : il faut commencer par convaincre les usagers qu’ils peuvent accéder à cette culture, qu’il n’existe pas de fatalité

    Contrainte de plus en plus forte sur les budgets de l’Etat, des collectivités et des partenaires : Utilisation des soutiens pour le fonctionnement de la structure et non pour l’investissement dans le projet

    Retard de projet en raison des incertitudes quant aux co-financements en attente : durée d’attente pour obtenir des réponses et notamment les fonds FEDER est pénalisante

    Moins de ressources humaines, baisse de la capacité contributive des bénévoles : baisse voire disparition des emplois aidés souvent cheville ouvrière du projet ; des choix s’imposent entre la production de l’ingénierie du projet ou la diffusion du projet car trouver des profils multi-compétences n’est pas simple et coûte cher; les bénévoles doivent faire plus, avec moins !

    Manque de compétences des équipes projet (pas ou peu identifiées en amont du projet) : obligation de chercher des prestataires en réalisant des appels d’offre à minima

    Départ du chef de projet ou de la personne porteuse qui explique souvent le dérapage d’un projet voire sa disparition ; composer une équipe porteuse est primordial

    Difficulté à définir le périmètre du projet (et à s’y tenir) : sans analyse et travail de « lotissement » au préalable, le risque de dérapage est grand. Mais il n’y a pas la culture du projet (et pas les compétences) au sein des structures associatives

    Le manque de critères d’évaluation du projet empêche d’avoir une idée réaliste de l’impact des actions menées sur le terrain, (et les actions correctives): les questionnaires de satisfaction, le décompte de participations à des ateliers ne sont pas suffisants.

    • Peu de communication autour des projets (projet évolue en vase clos) : il ne faut pas multiplier les offres de communication mais plutôt identifier les espaces communs de diffusion

    La taille d’un projet et le chiffre d’affaire de la structure deviennent pénalisantes quand il s’agit de trouver des partenaires /acteurs privés

    Localisation des tiers lieux qui ne sont pas toujours ancrés dans des lieux de vie exigeant des bénévoles un effort supplémentaire de créativité.