Quelle place pour les bibliothèques ?



  • Plateforme de savoir et d'accueil, les bibliothèques municipales apparaissent naturellement comme l'un des premiers lieux potentiels de déploiement de la littératie des données.
    La mention spécifique de cette question de formation et de médiation numérique - déjà saisie par de nombreux établissements - dans leurs missions peut être utile, de même que la définition des moyens nécessaire à la réalisation de cette tâche.



  • Bonjour,
    je reviens sur cette reflexion pertinente en ajoutant qu'il faut envisager/former les personnels ainsi que de revoir les possibilités de développer de tels services avec les missions nombreuses des bibliothèques.





  • Je suis surpris que pour une activité ("médiation numérique"), qui a intégré les fiches de postes des bibliothècaires il y a plus de 15 ou 20 ans, on ne nous reconnaissent pas particulièrement, ni de technicité, ni de compétence dans ce domaine.
    Certes, les bibliothèques ne sont que le premier réseau culturel français, présent à la fois en milieu urbain et en milieu rural (1 commune sur deux possède une bibliothèque en moyenne), certes l'implication bénévole (82 000 en 2018 en France, 1 français sur 800) en fait probablement le plus grand service public participatif aujourd'hui, certes, l’avènement du numérique, les logiques de 3e lieu, de services innovants et de l'évolution de la place de l'usager en font probablement l'un des services publics ayant eu à se transformer, à se réfléchir et à muter dans un laps de temps record avec de vrais résultats à la clé, certes, notre vision non-mercantiliste du monde, l'idée de défendre un service public, un lieu public, de culture, de vie sociale, d'expérimentation, mais également de soutien aux populations en difficultés, de rencontre et d'échange, une dynamique collective qui n'ait pas de visée commerciale est très certainement complétement à côté de la plaque en ces temps de start up nation, de French Tech et autres.
    Et pourtant, il y a un rapport paru la semaine dernière. Et sa page 22 :

    Le numérique s’impose de plus en plus dans nos bibliothèques et les professionnels sont très actifs pour anticiper les évolutions qui vont continuer de transformer les usages.
    Au cours de nos visites, pas une bibliothèque qui ne dispose d’un ou plusieurs postes informatiques, voire d’espaces et de salles dédiées au multimédia. Pour les usagers, c’est là un service très important : loisirs, découverte, formation, convivialité … le numérique offre cela. Il est aussi pour les personnes isolées, celles qui sont loin de leurs familles, un moyen de communication.
    Dans les villes où les migrants sont nombreux, la bibliothèque est un des lieux qu’ils fréquentent le plus. A Paris, la bibliothèque publique d’information (BPI) accueille des permanences de la Cimade pour venir à leur rencontre. Dans les bibliothèques de l’est parisien, Vaclav Havel, dans le 18ème ou Françoise Sagan dans le 10ème, un accueil spécifique est organisé : des collections de livres dans les langues des pays d’où sont originaires la majorité d’entre eux, des cours de français, des permanences administratives ….
    Nous avons été impressionnés par l’engagement des agents des bibliothèques (très souvent appuyés par des partenariats avec les associations) et leur professionnalisme pour accueillir et accompagner ceux qui, souvent, n’ont plus rien. Sens du service public, sens du service au public … beaux exemples en tous cas de ce que peuvent faire les bibliothèques pour lutter contre les exclusions.

    Et puis, plus loin, cette page 65 :

    Exclusion : Lutter contre la fracture numérique
    La fracture sociale et la fracture territoriale se cumulent trop souvent avec la fracture numérique. Le secrétaire d’État en charge du numérique vient de tirer la sonnette d’alarme :
    20 % des Français, soit 13 millions de personnes, ne savent pas se connecter à Internet. Un plan national pour l’inclusion numérique va être lancé dans les prochains jours. Les bibliothèques doivent en faire partie, comme elles sont déjà (et seront encore plus demain) au coeur de la politique de la ville.
    De quoi et de qui a-t-on besoin pour réduire cette fracture ? De lieux, de matériels connectés, de médiateurs formés et des moyens de toucher et de faire venir ces 20 % de la population qui sont exclus de l’accès à Internet.
    Pas d’angélisme à ce sujet : pour ces questions qui touchent à l’exclusion, l’offre ne crée pas la demande. Il faut aller vers les gens pour ensuite les faire venir. À chacun son rôle pour cela. Justement, les bibliothèques offrent des lieux, des matériels et leurs personnels peuvent être mobilisés. Mais les 20 % évoqués ci-dessus ne sont pas les usagers des bibliothèques. Pour aller vers eux, les bibliothèques ont tissé des partenariats avec de très nombreuses associations qui interviennent dans le champ social, avec les centres communaux d’action sociale, avec les agences de Pôle emploi.
    Un secteur à mobiliser pour faire plus : les fédérations d’éducation populaire, notamment pour le monde rural. Elles peuvent aussi intervenir dans la formation des professionnels. Il serait temps de réconcilier, autour de projets fédérateurs, la culture et l’éducation populaires. Les tentatives de ces dernières années ont probablement été trop timides.
    L’enjeu est immense : 13 millions de personnes ! Il en faut des médiateurs, au-delà des associations, des personnels des bibliothèques qu’il faudra former, pourquoi ne pas utiliser davantage les étudiants et les volontaires du service civique ? Nous avons déjà parlé d’eux pour l’aide à la lecture, l’aide aux devoirs, pourquoi pas, après les ambassadeurs de la lecture, des ambassadeurs du numérique ?

    Alors, la médiation numérique, cela relève-t-il du service public ?


Log in to reply