Que chaque service public local prenne sa part, pour un ancrage de proximité au plus près des habitants



  • La mise en place des "papis", (point d'accès publics à internet) à Brest, dans beaucoup des lieux qui accueillent du public depuis 20 ans a permis une réappropriation de la médiation numérique par la plupart des acteurs associatifs. Depuis 10 ans tous les équipements de quartier (MPT, centre sociaux, patronages laques, mairies et bibliothèques de quartier... et les associations qui accueillent des publics particuliers sont ainsi acteurs de la médiation numérique.
    Au fil des années le réseau s'est élargi (comptant aujourd'hui une centaine de lieux) et a évolué vers une prise en compte de pls en plus marquée des personnes en difficulté sociale, comme en rend compte la dernière enquête réalisée. (2013).

    Aujourd'hui, en complément des espaces publics existant et qui conservent toute leur utilité sociale la dématérialisation croissante des services publics pose un nouveau défi : celui de la médiation numérique impliquant les services publics.

    • Comment faire en sorte que l'usage du numérique rendu obligatoire à Pôle emploi, pour le RSA et dans plus en plus de démarches ne laisse pas côté les 10 à 20 % de la population peu à l'aise avec l'écran et le numérique ?

    • Comment, chaque service public (CAF, SS, impots, pôle emploi, CCAS, hôpital, école, collège lycée ..) s'implique pour prendre sa part des médiations de plus en plus indispensables au fur et à mesure que le numérique s'impose dans les usages et les services.

    L'expérience des "papis" nous a appris

    • l'efficience d'une démarche accompagnée qui invite à, met en réseau au rythme de chacun.e
    • le temps long où il a fallu 10 ans pour le dernier équipent de quartier soit papi
    • l'importance d'un donner à voir qui favorise la diffusion en visant la généralisation
    • l**'utilité d'ateliers abondants** où toute demande de formation peut être entendue (un atelier par semaine ce n''est que 0,2 équivalent temps plein)
    • l'intérêt de la démarche complémentaire d'un appel à envies (un appel à projet où TOUS les projets sont retenus) qui favorise les initiatives et le pouvoir d'agir (même si le montant reste modeste)

    Aujourd'hui il nous faut

    • interpeller chaque service public pour qu'il apprenne en marchant,
      (par exemple comment le collége qui utilise un carnet de correspondance numérique accompagne les familles monoparentales éloignées du numérique ? )
    • quelle coordination des initiatives du territoire pour que progressivement s'y mette ?
    • quel accompagnement des travailleurs sociaux de plus en plus confrontés au "faire à la place de ?"
    • quelle transformation des métiers et quel accompagnement des acteurs des services pour qu'ils soient aux aussi acteurs des médiations numériques

    Une vingtaine d'années de papis et d'internet à 1€ par mois dans les quartiers politiques de la ville nous a montré que l'accompagnement en grande proximité n'était pas plus coûteux que des dispositifs de salles spécialisées travaillant en réseau fermé.

    Il nous faut inventer ce temps des médiations avec et par les acteurs des services public et en réseau avec les espaces publics du territoire.

    Une première étape pourrait être pour chaque territoire d'établir un état des lieux des médiations numériques :

    • quels EPN ?
    • quelles médiations au sein de chaque service public ?
    • quelles actions privées (orange ..) ?

    Puis dans une démarche contributive d'élaborer un plan d'actions d"une e-inclusion soucieuse du pouvoir d'agir et d'en co-évaluer le suivi régulièrement


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