Référentiel "déontologique" à l'usage des acteurs de la médiation numérique



  • Re : Formations des professionnels de la médiation numérique

    Bonjour,

    Au moment où le RGPD va très probablement accroître le niveau d'exigence en matière de protection des données personnelles, la dématérialisation administrative accentue le recours à la médiation numérique, de la part des publics en difficulté par rapport à ces outils.

    Issus d'horizons professionnels très divers ("vrais" médiateurs numériques, bibliothécaires, agents d'accueil... employés par les collectivités territoriales, les centres sociaux, par des associations ou encore des "opérateurs" para-publics...) les "acteurs de terrain" se voient confier par les usagers des données parfois très sensibles, à la manipulation desquelles leur formation et leur expérience ne les ont pas toujours préparés, d'où de multiples interrogations :

    • Ai-je bien le droit de (...) ?
    • Quelles sont mes responsabilité si (...) ?
    • Quelles précautions prendre vis-à-vis de l'usager et de telle demande (décharge/"disclaimer", etc.) ?
    • etc.

    C'est pourquoi il serait sans doute opportun de profiter du travail d'élaboration de cette stratégie nationale du "numérique inclusif" pour rédiger un référentiel/vademecum juridique et déontologique de nature à sécuriser l'exercice de cette médiation de plus en plus indispensable et potentiellement intrusive, et du même coup à rassurer les usagers.

    Il va de soi que cette rédaction devrait faire l'objet d'une co-construction à partir du "vécu" des animateurs et acteurs de la médiation numérique (communauté dont, simple observateur du territoire à l'échelle départementale, je relaie une préoccupation qui s'exprime spontanément par divers canaux). . ;-)



  • Tout à fait d'accord sur le principe à la réserve près que l'Education nationale qui a des données à protéger réfléchit à le faire de la meilleure façon dans un temps court puisque dès le 25 mai les chefs d'établissement devront être "opérationnels" si l'on veut que les usages dans les établissements scolaires continuent de se développer. Ne pourrions-nous pas nous appliquer les préceptes de l'intelligence collective pour réfléchir et produire ensemble ce référentiel éthique et responsable?
    Autre point, celui de la "cible", quel est le lieu dans lequel tous les parents sont obligés d'utiliser le numérique pour la vie courante de leurs enfants? L'Ecole : inscriptions, notes/absence/ bourses etc.
    Ne serait-il pas possible de développer la parentalité numérique pour commencer par acculturer les parents et cela de façon très simple parce que utile au quotidien? Je n'oublie les équipements en place grâce au plan numérique avec des prêts aux élèves de tablettes qui arrivent à la maison et que certains parents découvrent. C'est un biais très intéressant pour entrer en relation avec eux sur le numérique au service de et non pas une difficulté de plus.



  • @sc

    Quelques éléments de réponse "à mon petit niveau" :

    • La médiation numérique dont je parlais ne se situe pas particulièrement dans le champ "Education nationale" - mais les termes sont parfois connotés différemment, selon les usages professionnels des uns et des autres... ;-)
    • Pour mémoire, en matière de protection des données personnelles, le "temps court"... court, justement, depuis le 27 avril 2016, date du vote du RGPD (règlement européen) ! ;-)
    • La question de la mise en œuvre du RGPD dans les collectivités et administrations est un sujet à part entière, qui relève au tout premier chef de la responsabilité des "responsables de traitement" (maires, présidents, chefs d'établissement secondaires, etc.). En revanche, les écoles n'ayant pas de personnalité juridique propre, c'est le rattachement à l'Education Nationale qui prévaut.
    • Les médiateurs numériques s'adressant aux usagers plutôt qu'aux responsables de traitement, je ne vois pas trop comment ils pourraient intervenir sur la question évoquée. Néanmoins, parmi ces usagers, les parents "confrontés" à l'Espace Numérique de Travail et autres outils numériques représentent bien évidemment une cible importante pour la médiation numérique .


  • Je travaille dans le département du Puy-de-Dôme en tant que coordinatrice des usages numériques au sein de la Direction Générale de la Solidarité et de l'Action Sociale. Je suis très sollicitée par les travailleurs sociaux qui me posent ces questions:
    Ai-je bien le droit de (...) ?
    Quelles sont mes responsabilité si (...) ?
    Quelles précautions prendre vis-à-vis de l'usager et de telle demande (décharge/"disclaimer", etc.) ?
    L'dée d'une charte de déontologie co-écrite et partagée par différents professionnels tous confrontés à ce type de question me paraît être une très bonne idée.



  • @sophie-point bonjour
    Nous avons mis en place une formation bicéphale "juridique et technique" sur l'administration en ligne
    les non-professionnels (services civiques, bénévoles) ont un cursus et les professionnels (Assistantes sociales et travailleurs sociaux) un autre plus poussé où la question de la sécurité des données et le secret professionnel dans un contexte numérique sont abordés.
    Il m'arrive d'être à Clermont je pourrai présenter ma structure et la formation en question...
    Cordialement
    Mehdi Serdidi
    http://asts.paris



  • Bonjour,
    Je partage cette réflexion.
    En centre social, nous avons une mission d'accueil , d'information et d'accompagnement d'habitants avec des demandes qui nécessitent d'accéder aux dossiers personnels.
    Cette situation soulève la question de la légitimité du personnel "non mandaté, ni habilité" à faire ce type de démarche. Si l'accompagnement n'est pas réalisé cela suppose de laisser sur le carreau des personnes dans l'impossibilité de faire leurs démarches du fait de la barrière de la langue, d'aptitudes physiques restreintes, de l'éloignement des usages numériques ....
    Jusqu'où pouvons nous-aller ? Est-ce que nous engageons notre responsabilité ?

    Le développement des maisons des services aux publics s'accompagne d'une formation et d'une habilitation des agents mais faut-il encore pouvoir être labellisé.

    La charte en question doit pouvoir apporter un cadre rassurant et permettre reconnaitre l'exercice de cette fonction.



  • Bonjour,
    Je suis chargée du numérique au sein du Département de la Drôme. Nous partageons tout à fait cette problématique d'accès aux données personnelles. Nous avons récemment organisé des rencontres entre les travailleurs sociaux du Département et les médiateurs numériques. Il en est ressorti la nécessité de rédiger une charte et une convention de partenariat pour clarifier et répondre à ces questions légitimes que se posent les travailleurs sociaux et les médiateurs numériques sur le périmètre de leur action eu égard à la dématérialisation et à l'utilisation de données personnelles. Merci Mehdi pour la contribution, je vais regarder ce que propose l'ASTS.



  • C'est une problématique peu et mal appréhendée effectivement , surtout par les petites structures prestataires de services type MSAP ne disposant pas forcément en interne des compétences nécessaires pour la gestion de la sécurité numérique.
    Or la mise en oeuvre contraignante en Mai du RGDP accentue l'urgence de prise en compte de cette problématique, qui va nécessiter des moyens techniques et humains, ce que le manque d'information (et d'acculturation surtout) sur le terrain concernant ce RGDP n'a pas permis d'anticiper. Il est donc nécessaire à mon avis que la @Mission-Société-Numérique associe dans ses réflexions et recommandations , au-delà de la simple déontologie, cette problématique 2018 : "répondre aux contraintes de sécurité numérique tout en développant l'inclusion numérique"



  • Bonjour,
    Nous avons mis en place avec le département de la seine maritime, les référents RSA, les assistantes sociale, une collaboration de ciblage et d'orientation.
    Nous accueillons les usagers sur le flux toute la semaine orientés et ciblés au préalable par les référents sociaux (professionnels) avec un pré-diagnostique fait en amont. Ce qui nous permets d'accueillir les usagers en possession d'un bon d'accès numérique avec les démarches à effectuer en accompagnement. Ainsi selon le niveau d'autonomie de l'usager nous le positionnons sur des ateliers d'initiation aux outils numériques, créer et utiliser une boite mail... Nous transmettons par trimestres un fichier d'accompagnement aux démarches de chaque usager vers le référent social concerné...nous travaillons également sur une formation professionnelle des AS et RRSA sur les démarches généralistes administratives en ligne ...





  • @serdidi Merci pour votre retour. Dites moi quand vous êtes sur Clermont. Je serai très intéressée.
    Sophie
    sophie.point@puy-de-dome.fr