Double vision, même diagnostic : l'état doit proposer des outils stables



  • Bénévole dans des centres sociaux, dans des repair café et des bibliothèques associatives. Aide aux très petites entreprises de mon réseau. En parallèle je fais une veille technologique permanente.
    Je pense avoir une assez bonne vision de la fracture numérique.

    Le point important c'est une certaine stabilité dans les outils. Le public que je croise déteste changer ses habitudes. Hors le numérique change constamment. En parallèle une grande majorité ne veulent pas "donner des infos à l'oncle sam".

    Former oui, mais sur des outils avec une très bonne durée de vie.
    Je pense que l'état devrait fournir (et offrir) une série d'outils de base : mail + webmail + app. Outil comparable à Slack. Espace cloud avec API pour faire ses sauvegardes + partage + préconisation sur les solutions de sauvegarde (mes photos, mes données, mon entreprise).

    Si chaque citoyen se voit donner une adresse mail, un espace cloud, un slack, avec la promesse d'une certaine stabilité alors la formation sera facile et même volontaire. Cela permet en plus de ne pas avoir de marque (les fameux GAFA) et ainsi d'en parler à la TV facilement.

    Ces outils devraient être d'une grande qualité et neutralité via une association garante de la confidentialité et du bon fonctionnement. Toute évolution devra s'accompagner d'un étude d'impacte et de tutoriaux.

    Dans ces conditions je suis certain d'une excellente adoption du numérique par les publics cibles.


  • Rapporteurs

    Il existe des solutions de ce type. Et l'outil même de cette concertation en fait partie.
    Pour notre part, chez Médias-Cité, nous avons déployé une plateforme de services de ce type qui répond au doux nom de ohm (unité de la résistance) > https://ohm.coop qui s'appuie sur Cloudron.
    La bonne idée serait d'en faire un bien commun.



  • Évidemment le grand public préfère des outils stables. Il serait idéal que chacun citoyen ait une "hygiène " numérique et une stratégie de conservation mais cela me semble difficile d'accès.
    Un autre contributeur parle de "communs", je suis bien sûr en accord mais qui exploiterait et assurerait le maintien en conditions opérationnelles?
    Le groupe La Poste met à disposition des outils reprenant vos demandes, dont une capitale, l'archivage sécurisé. D'autres sociétés, grandes ou petites mettent en oeuvrent autres outils: caliopen/gandi pour le mail, dhymothis pour l'archivage sécurisé, etc.
    Je ne mets pas en doute la compétence des équipes d'informaticiens des divers services de l'état mais si le projet est "refilé" à une ESN comme Accenture, Cap Gemini ou Atos (ce qui est très souvent le cas avec des projets de ce type), quelles garanties et quel gain pour les citoyens par rapport aux outils des Gafa?



  • @florentempis C'est typiquement dans ce type de cas - avec ou sans sous-traitance - que la notion de "cloud souverain" et le concept de "responsabilisation" du règlement européen pour la protection des données (RGPD) prennent tout leur sens.



  • Si chaque citoyen se voit donner une adresse mail, un espace cloud, un slack, avec la promesse d'une certaine stabilité alors la formation sera facile et même volontaire. Cela permet en plus de ne pas avoir de marque (les fameux GAFA) et ainsi d'en parler à la TV facilement.

    L'idée est séduisante, mais je n'ai pas souvenir d'avoir entendu des personnes avec une très faible litératie numérique expliquer que leur blocage à l'adoption d'outils numérique était de ne pas avoir de solution respectueuse de leur vie privée. De fait, il me semble délicat de comprendre l'importance de la protection de ses données personnelles quand la notion même de donnée n'est pas claire.

    Si j'ajoute le fait qu'il me semble difficile de faire de plus belles promesses de pérennité que ce que les solution GAFA font déjà (qui n'envisagent simplement pas leur mort et touchent le monde entier), et que je n'ai pas l'impression que les médias se privent le moins du monde de mettre en avant Twitter, Facebook, Apple, Google…, je ne suis pas convaincu que cette stabilité étatique améliorera la situation au regard de l'inclusion numérique :(

    Pire encore si l'on prend en compte la réaction de méfiance ou de rejet que peut générer l'étiquette administrative sur des services manipulant des données personnelles de la part des accompagnants du public cible.


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