Organiser dans les communautés de communes des stratégies d'accès au numérique



  • Bonsoir
    Je pense que la mise en place de la fibre, des connexions radios ou satellites sont certes une avancée....MAIS il faut d'abord définir au niveau des collectivités des priorités :

    • ouvrir des locaux adaptés avec des permanences aidantes constituées de référents pédagogiques et techniques...c'est la priorité
    • mettre à la disposition des personnes des outils informatiques fonctionnels et bien conçus pour répondre aux problématiques quotidiennes de la population
    • recruter dans les services de l'état des personnels compétents pouvant aider OU utiliser le Service Civique
    • établir un inventaire de compétences fondamentales que doit avoir toute personne voulant entrer en formation
    • Etablir avec les personnes en formation une auto-évaluation formative.
      0_1516224653372_fiche de positionnement2017-2018.docx
      Pour la suite, ...on verra ....plein d'idées !!!!


  • Pour ce qui est de mon expérience (en ruralité), la première difficulté , avant la stratégie et sa mise en oeuvre par des moyens, est la prise de conscience par les décideurs et la gouvernance territoriaux de l'urgence du besoin, de la nécessité d'en faire une priorité budgétaire, et la volonté politique d'y répondre.
    Il y a des communautés de communes qui ont d'ores et déjà mis en place une organisation et des moyens depuis quelques années (des témoignages existent sur Internet , y compris sur ce site), et puis il y en a d'autres où les communes livrées à elles-mêmes tentent des initiatives éparses, manquant de moyens au risque de mal répondre aux besoins, voire de décourager les bénéficiaires ciblés (matériels obsolètes, ou insuffisants, ou rencontrant des problèmes techniques résolus tardivement par exemple,...)
    Sur un plan politique la loi NOTRe a poussé à constituer des intercommunalités où parfois 1 ou 2 villes exercent à elles seules la majorité et rechignent à accepter des investissements (mobilité numérique) essentiellement destinés aux villages ; ajoutez à cela l'instabilité permanente depuis 2 ans de certaines intercommunalités et les décisions/investissements sont freinés, reportés, bref rien n'avance.... Tant qu'on aura sur certains territoires cette instabilité, les résultats de cette Mission risquent de prendre encore beaucoup de temps avant d'être concrétisés sur le terrain. Il est donc important, pour son succès, que l'Etat impose en parallèle la clôture rapide , dès 2018, de la mise en oeuvre de la loi NOTRe sur tout le territoire, que les structures, leurs compétences, leurs budgets, soient définitivement clarifiées et stabilisées



  • Bonjour,
    Voici une expérience en-cours de développement dans la CC "Pays de Montbéliard Agglomération" :
    Avant 2014, on dénombrait 21 espaces publics numériques sur l’ensemble de l’agglomération et des ateliers d’apprentissage au numérique dispensés régulièrement grâce à la mise à disposition de personnel et de matériel par Pays Montbéliard Agglomération.
    Ces espaces étaient des lieux de sensibilisation et d’apprentissage au numérique. Ils contribuaient au lien social intergénérationnel et interculturel sur le territoire tout en s’appuyant sur le support numérique.

    En raison de la disparition des financements européens, ce projet a cessé de fonctionner.
    Pour autant, quelques structures ont réussi à maintenir le service soit par des moyens humains disponibles ou la mutualisation d’emplois aidés précaires. A ce jour, il existe environ 7 structures labellisées « Net Public » et une demande toujours importante de la part des habitants pour accéder aux outils numériques notamment des retraités et des personnes éloignées des usages numériques, présentant des difficultés liées à la barrière de la langue, le manque d’équipement ….

    Dans le bassin de vie de Pays Montbéliard Agglomération, cinq structures et/ou collectivités ont souhaité se regrouper pour construire ensemble un projet de service collectif numérique au cours du premier semestre 2017. L’objectif étant de favoriser un maillage des acteurs, une mutualisation des moyens et des échanges de pratiques.

    On recense une cinquantaine de personnes demandeuses, par structure, pour des ateliers d’apprentissage collectifs par exemple et des demandes individuelles croissantes pour l'accès aux outils et à l'e-administration au sein de nos accueils. Outre la formation aux outils multimédia, une offre de services sur l'accès aux droits a été étayée au fil des années avec les habitants.

    A l'occasion d'une rencontre initiée par le Centre Social de Bavans au mois d’avril 2017 , en partenariat avec le Centre Social de Bethoncourt, les Villes de Grand-Charmont et Sochaux des structures et des services de l’Etat (délégués du préfet), plusieurs constats communs sont posés :

    Concernant les moyens :
     Les moyens humains formés manquent pour maintenir le projet (fin d’un emploi aidé au bénéfice de Bavans et Grand-Charmont en sept 17).
     Le matériel, les logiciels évoluent rapidement ; les investissements pour maintenir un service qualitatif sont donc permanents
     La mise en réseau des ressources et recherche collective de solutions participe à la motivation des animateurs et limite la fatigue professionnelle
     Pour étendre l’offre de service sur l’agglomération et développer sa visibilité, des moyens de communication sont à développer (site internet, plaquette).
     La mise à disposition des ressources documentaires est envisagée au bénéfice des publics.

    Concernant les publics :
     Les retraités constituent environ 70% du public total
     Autres publics : public en situation de handicap, enfants, adolescents, demandeurs d'emploi, adultes
     L’accès aux droits par le biais des démarches en ligne devient une demande incontournable
     Les publics viennent au cours d'informatique d'abord pour les rencontres, et ensuite pour la sensibilisation et l’apprentissage

    Autres constats :

    • Une fracture numérique
    • La mise en place progressive de la dématérialisation des services publics et la réduction de l’amplitude d’accueil des institutions présente une réelle difficulté pour le public
    • Les outils numériques sont vecteurs de liens et nécessitent d’être apprivoisés

    BESOINS IDENTIFIES :

    • Manque de moyens : animateur multimédia à la fois "animateur" et spécialisé dans les nouvelles technologies
    • Maillage des acteurs pour créer une culture commune et harmoniser / échanger les pratiques/ sortir de l'isolement
    • Coordination du projet, recherche de solutions innovantes
    • Financement collectif / modèle économique viable
    • Formation des intervenants
    • Faciliter la préparation avec la mise en réseau des ressources (fiches activités)
    • Moyens humains
    • Equipement matériel et logiciels à jour
    • Démocratisation des ressources et favoriser l'accès à ces lieux ressources
    • Communication auprès des publics – plaquette commune pour plus de visibilité

    Les villes de Grand-Charmont et de Sochaux, ainsi que les centres sociaux de Bethoncourt et de Bavans, décident alors de mutualiser leurs ressources, et un travail de plusieurs mois permet en décembre 2017 le démarrage progressif de ce projet de service collectif numérique. Celui-ci est rendu possible par le soutien de la Conférence des Financeurs du Département, en attente de co-financements en 2018.



  • @nevin Intervenant dans un Centre Social, je partage 100% des constats , tant sur les moyens (leur manque, la mutualisation nécessaire des moyens humains, techniques, d'information sur le territoire,...) , que sur les publics (leur profil, leurs motivations, la fracture numérique et la difficulté face à la dématérialisation à marche forcée des services administratifs sans support aux usagers avec suppression concomitante de personnels,...) , que sur l'organisation territoriale nécessaire .
    Il se trouve dans mon exemple personnel que par manque d'organisation collective sur le territoire des différentes structures (communauté de communes, mairies, associations, EPN ...) pour raisons diverses, à la différence de votre bel exemple du Pays de Montbéliard, des initiatives éparses sont tentées mais échouent à se développer et répondre aux énormes besoins des publics mentionnés (essentiellement personnes entre 50 et 80 ans, mobiles et non mobiles, personnes avec déficience intellectuelle hébergées en structures d'accueil, jeunes pour ce qui est par exemple d'accéder numériquement aux services administratifs ou de l'apprentissage des "bonnes pratiques")
    Volonté collective des acteurs et structures des territoires, financements et moyens pérennes, et organisation de ces moyens sont les facteurs clés de succès futur de l'inclusion numérique



  • @fdubois81 Je partage ces réflexions.
    Pour ce qui nous concerne, tout n'est pas gagné !

    Les enjeux liés au numérique ne sont pas encore appréhendés par les collectivités et institutions ... nous obligeant à nous organiser pour faire entendre les besoins de la population.
    A ce jour, nous n'avons aucune visibilité quant aux soutiens qui nous seront accordés par les différents partenaires alors qu'il y a des enjeux forts. Comment assumer le transfert des missions de service public vers nos structures sans moyens ?



  • A l’échelle des quartiers en politique de la ville, dans le cadre du contrat de ville, un axe transversal d’accompagnement des usages du numérique – Grand Chambéry
    Un état de lieux qualitatif dans les quartiers en politique de la vile a été réalisé en 2012, une 50 aine d’acteurs du territoire « sondés » : (centres sociaux, maisons de l’enfance, Mission locale jeunes, délégué du Préfet, secrétaires généraux de mairies de quartier, associations et entreprises d’insertion, régie de quartier, associations de lutte contre l’illettrisme, centre ressources des savoirs de base, associations de locataires, bibliothèques/ médiathèques, élus, services jeunesse, centre ressources éducation famille écoles, « points numériques » association caritatives… Des rencontres individuelles et collectives afin d’identifier les besoins d’accompagnement des usages du numériques dans les quartiers en politique de la ville. Face à ces besoins, des propositions d’actions définies par les acteurs du territoire et une validation en 2014 d’un plan de développement des usages numériques porté par l’agglomération par un comité de pilotage constitué de techniciens et d’élus des quartiers en politique de la ville.
    4 thématiques : insertion/accès aux droits ; participation des habitants, éducation/parentalité, emploi/développement économique ( défini dans un second temps) afin de :

    • mener des actions partenariales à l’échelle d’un quartier et/ou du territoire de l’agglomération,
    • mener des actions de formations aux enjeux et aux usages du numérique des accompagnants des projets du développement social local,
    • utiliser les fonds européens pour soutenir et mettre en œuvre ce qui est aujourd'hui une véritable stratégie concertée de développement des usages du numérique à l’échelle de l’agglomération ; des financements également dans le cadre du contrat de ville.

    Si l’on retrouve classiquement un comité de pilotage du dispositif, les travaux de celui-ci s’appuient sur :
    un comité opérationnel né de la démarche initiale de construction participative du plan, et qui associe l’ensemble des acteurs engagés dans les projets ou les groupes de travail thématique; des groupes de travail thématiques chargés de faire le point et des propositions sur les différents axes thématiques du plan.
    La coordination est menée au niveau de l’agglomération (1 mi-temps depuis 2016).

    Les atouts

    • les actions se font dans le cadre d’une coopération de plusieurs acteurs qui mutualisent leurs compétences,
    • le numérique n’est plus perçu comme une spécificité mais comme un axe transversal aux services du développement social local,
    • la dynamique est validée et soutenue par les élus,
    • l’affichage et la mise en œuvre d’une stratégie territoriale permet une meilleure mobilisation et utilisation des fonds européens,
    • la mise en place d’une coordination à l’échelle du territoire permet l’animation du réseau et la relance des divers acteurs.

    Les freins

    • L’accompagnement des usages du numérique dépasse largement le cadre des quartiers en politique de la ville et donc de ses financements de crédits spécifiques
    • un certain nombre d’institutions, notamment celles engagées dans la dématérialisation des services ne sont pas toujours faciles à mobiliser à l’échelle de l’agglomération ce qui nécessite une implication forte à l’échelle départementale principalement sur l’accompagnement de l’accès aux droits et les non-recours.
    • la fragilité financière actuelle des associations ne facilite pas l’inscription des projets dans la durée et nécessite une redynamisation permanente.
    • la complexité de gestion des fonds européens en opération collaborative qui peut effrayer certains acteurs malgré le soutien de l’agglomération et ne permet pas une souplesse et une réactivité dans la mise en œuvre des projets.

    Grand Chambéry a fait appel à une maîtrise d’ouvrage pour la conception et l’accompagnement du projet confié à Le fil des idées (depuis 2012).



  • @fdubois81 *Je partage je suis dans la même réflexion


Log in to reply