Comment atteindre les publics cibles de la stratégie nationale pour un numérique inclusif ?



  • Dans le cadre de l'atelier organisé à Lens, le 6 février 2018, par la communauté d'agglomérations Lens-Liévin, plusieurs sujets sont venus nourrir la thématique de l'atteinte des publics cibles :

    • Les Espaces Publics Numériques sont aujourd'hui majoritairement situés dans des écoles en activité, les personnes ciblées (ici ont été particulièrement citées des femmes de 50 à 65 ans) ne sont pas au contact de ces lieux, ne connaissent généralement pas leur existence, ni ce qu'elles pourraient y apprendre en fonction de leur besoin.

    • En revanche, certains lieux ont diversifié leurs activités pour étendre leur réseau d'influence. Par exemple, l'EPN de Loos-en-Gohelle s'appuie sur un jardin partagé dans lequel des publics séniors viennent partager leur expertise et sont ensuite encouragés à la documenter en ligne (blogs, vidéos). Ces personnes en seraient pas venus uniquement se former sur des outils numériques mais y sont amenés par un sujet qui les touche personnellement.

    • Enfin, la vision général associée au numérique est très centrée sur l'outil "ordinateur". En utilisant des outils plus proches du quotidien (objets connectés, assistants vocaux), ou inversement des outils qui en sont très éloignés (réalité virtuelle, drones) il est possible d'intéresser des publics nouveaux.



  • @mission-société-numérique

    • le problème de communication sur les EPN est récurrent depuis 20 ans. On constate le même phénomène dans d'autres domaines typiquement sur la solution "mes aides-en ligne" ceux qui en ont le plus besoin sont ceux qui ignorent que cette solution existent.

    • l'évolution de l'animateur multimédia à médiateur numérique, je vous renvoie à mon billet : http://mediateurnumerique.org/2015/09/22/je-suis-mediateur-numerique/

    • qui borne la vision à l'outil ? dans 90 % des cas ce sont soient les financeurs qui n'ont pas d'appétence pour ce sujet (et on renvoie bien à la nécessité de toucher les élus sur ce sujet) soit les animateurs eux-mêmes par manque de formation par exemple(et là on renvoie au besoin de formation, à la filière #mednum)

    proposition : inclure un module "médiation numérique" dans toutes les formations "social et socio culturelles".

    Aujourd'hui quand vous passez un Bafa, un brevet d'éducateur spécialisé, un DUT de bibliothécaire ces aspects d'accompagnement des publics aux outils, aux usages et aux enjeux du numérique ne sont que très peu abordées, voir pas du tout abordées.



  • Énorme +1 sur les interventions de @loicgervais :

    Vous auriez pu écrire la même chose il y a quinze ans.

    Quelles sont les attentes des professionnels de la médiation numérique ? (être reconnus je vous donne déjà la réponse, elle a plus de 5 ans).

    Ce sont ces questions auxquelles il faut répondre pour définir une stratégie nationale pour un numérique inclusif.

    Quel est donc l'objectif poursuivi par cette « matrice » ? Certes, c'est un beau livrable à mettre dans un rapport. Mais quand je la parcours, je ne comprends pas ce qu'elle apporte.

    Comment pouvons-nous même envisager de définir une manière d'« atteindre les publics cibles de la stratégie nationale pour un numérique inclusif » avant d'avoir défini cette « stratégie » ? Le fil comment sensibiliser évite pourtant cette confusion entre public à inclure et objectif à remplir.

    La création de cette matrice est triviale : si vous visez les jeunes, allez là où sont les jeunes. Si vous visez les vieux, allez là où sont les vieux. Les CCAS, les EHPAD, les CIDJ, les CRIJ, les [insérer ici un autre acronyme]… ? Pourquoi pas. Chacun de ces acteurs connaît son public. Cela revient à cartographier les acteurs de la solidarité. La question est :

    1. Peuvent-ils considérer que l'inclusion numérique fait partie de leur mission ?
    2. Ont-ils les moyens de remplir cette nouvelle mission ?

    Alors, qui est réellement le « public cible » de cette stratégie nationale que nous sommes censés co-construire ? Imagine-t-on vraiment que la centaine de gens — de très bonne volonté au demeurant — qui prennent de leur temps pour échanger sur ce forum vont aboutir à un super document qui va enfin inclure les exclus, et qu'il faudrait d'ores et déjà déterminer par quels canaux le diffuser ?

    Soit on a les moyens de construire une nouvelle force nationale spécifique à l'inclusion numérique, et elle existera de toute façon en marge de ces autres acteurs.
    Soit on se repose sur ceux qui existent déjà, mais alors il ne s'agit pas de diffuser une bonne parole, mais de leur donner conscience que le champ de leur action s'est nécessairement élargi (sur un domaine où ils sont souvent eux-mêmes mal à l'aise), et de les aider à prendre en charge cette nouvelle forme d'exclusion.
    Et dans ce cas, je ne crois pas que ça soit à un acteur central de décider qui a à bénéficier ou non d'un accompagnement. Si l'on met simplement à disposition des ressources (formation, outils…) pour répondre aux problématique réelles des assistant·e·s de service social, qui incluent nécessairement le numérique, on aura à mon sens bien mieux investi nos moyens.

    Proposition simple pour atteindre les publics cibles, quels qu'ils soient :

    1. Co-construire des outils qui respectent les conditions d’adoption du numérique dans le service social (détails derrière le lien), pourquoi pas en mobilisant des Startups d'État, qui ont déjà donné PIX et Mes Aides.
    2. Référencer ces outils dans un catalogue communautaire d'outils numériques.
    3. Accompagner l'adoption par de la formation de formateurs et de relais locaux, sur la base du volontariat.
    4. Élargir l'étendue du catalogue pour qu'il devienne un espace d'échange de bonnes pratiques et d'entraide.


  • Bonjour,
    C'est avec intérêt que nous prenons connaissance des réflexions sur l'atteinte des publics cibles. En complément de tout ce qui a déjà été apporté, nous pouvons partager notre expérience pour atteindre un ensemble de populations en exclusion numérique . Nous allons en effet au devant des habitants des Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville dans le cadre d'un programme de médiation santé en Rhône Alpes. Suivant les territoires, cela nous amène parfois à faire du "porte à porte" dans les immeubles pour atteindre les personnes les plus isolées, parfois même "invisibles" aux autres acteurs. Dans le point que nous faisons avec eux sur leurs difficultés d'accès à la santé l'inclusion numérique est quasiment toujours abordée (capacités à rechercher de l'information par Internet, prise de rdv en ligne etc). Cela nous permet :
    1 de mesurer "naturellement" leur degré d'exclusion numérique
    2 de leur proposer de les aider à résoudre leur problème sur le champ. Cette résolution de leur problème d'accès à la santé en ligne avec notre aide nous permet de les sensibiliser tout aussi naturellement à l'intérêt de la maitrise du numérique et ainsi d'augmenter leur motivation à s'autonomiser.
    3 de les informer ensuite par la même occasion des espaces du territoire permettant de gagner en autonomie numérique (EPN, centres sociaux etc.)
    Nous atteignons ainsi tous les habitants des Quartiers Prioritaires déterminés par la concentration de pauvreté. Les personnes âgées mais aussi les 30-60 ans qui sont restés éloignés du numérique du fait de parcours professionnels ne les ayant pas exposé à ces outils : métiers non numérisés, chômage de longue durée etc. L'intérêt du porte à porte par les médiateurs santé (ou sociaux) est donc de permettre l'atteinte des personnes qui ne seraient pas repérables par les autres acteurs (sociaux, médicaux, éducatifs etc.) car isolées. A noter que pour pouvoir apporter un accès à la santé numérisé au plus près des lieux de vie et dans toutes les situations, nous avons fait évoluer notre matériel vers un terminal hybride PC/Tablette 12' ultraléger (850 gr étui-clavier inclus) doté d'un système d'accès à Internet en permanence par 3G.



  • @doowana Nous pourrions échanger quand vous le souhaitez ?



  • @loicgervais
    +1 !
    Pour avoir lu quelques-uns de ces rapports, effectivement les diagnostiques et préconisations lus sur ce site y sont déjà évoqués pour beaucoup; des initiatives locales et éparses se multiplient depuis 3 ans pour les mettre en oeuvre parfois, au moins partiellement mais ce qui manque depuis fin 2014 pour une réelle concrétisation sur le terrain à grande échelle, ce'st ; 1 stratégie, 1 volonté et 1 organisation/coordination transverse des acteurs locaux dans les territoires avec 1 leadership et , corollaire, bien entendu les moyens techniques, humains, donc financiers, pour enfin "s'y mettre" massivement avec des objectifs chiffrés clairement définis pour le pays comme ceux que se donne cette Mission Société Numérique, et une pérennisation de tout cela (organisation, acteurs, métiers, financeurs, formations, etc...)



  • Bonjour,

    Ci-joint la synthèse de trois ateliers dans les sites Grandes Ecole du Numérique de l'agglo Grand Paris Sud (Lieusaint, Evry, Grigny).

    0_1520411584313_Concertation inclusion numérique - rapport de synthèse GEN Grand Paris Sud_Page_01.jpg

    0_1520411450491_Concertation inclusion numérique - rapport de synthèse GEN Grand Paris Sud.pdf



  • Synthèse / Atelier de contribution collective PACA du 12 février à Marseille

    Les deux ateliers qui ont suivi la catégorisation des besoins ont permis permettre de répondre aux questions suivantes :

    • Quels acteurs peuvent diagnostiquer ces besoins du public ? Quelle fonction ? Quel métier ? Où trouver les acteurs potentiels prescripteurs qui peuvent orienter les publics selon les différents besoins identifiés ?
    • Quelles sont les bonnes pratiques pour diagnostiquer au mieux les besoins des publics ? Quels outils mettez-vous en place au sein de vos structures et avec les prescripteurs pour effectuer ces diagnostics ?

    1_1520527787576_Atelier Concertation - Diagnostic des besoins Lieux.pdf
    0_1520527787576_Atelier Concertation - Diagnostic des besoins Acteurs.pdf

    Comment outiller ces acteurs pour leur permettre d’orienter les personnes qui pourraient être accompagnées sur le numérique ?

    • Créer et animer un réseau de prescripteurs qui peuvent orienter les personnes qui ont besoin d’un accompagnement (que ça ne reste pas sous forme de guide papier)

    • Formaliser un guide d’orientation qui présente les acteurs et ce qu’ils font comme type d’accompagnement, type catalogue des acteurs (comme le guide d’ARSENIC en région PACA)

    • Ce guide permettrait aux professionnels, aux intermédiaires de pouvoir orienter les personnes. La question suivante se pose : quelle est la bonne échelle d’un guide ? (échelle départementale, régionale ou autre ?)

    • En amont : sensibiliser et former les prescripteurs aux enjeux de l’accompagnement du numérique pour qu’ils soient capable de bien orienter les personnes

    • Faire des retours aux prescripteurs qui orientent des personnes vers un accompagnement, afin qu’ils se voient s’ils ont bien orienté ou non les personnes, et surtout pour faire en sorte que l’orientation des personnes se fasse efficacement (éviter qu’une personne soit orienté de structures en structures avant de bénéficier de l’accompagnement adéquat). Pour y arriver, un réseau d’acteurs est indispensable.

    • Se pose aussi la question de comment recueillir les témoignages des usagers, pour évaluer le service rendu à l’usager. Si on récupère des témoignages des usagers, il faut tout de suite de poser la question de la mobilisation de ces témoignages pour évaluer la qualité du service et éventuellement changer les pratiques.


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