Comment atteindre les publics cibles de la stratégie nationale pour un numérique inclusif ?



  • Pour les jeunes en situation de fragilité, les Comités Locaux pour le Logement Autonome des Jeunes (CLLAJ)
    vers lesquels de nombreux partenaires du territoire (Missions Locales, Services Logement, CCAS, Foyers de Jeunes Travail, Territoires d'Action Sociale, etc.) orientent les jeunes de 18 à 30 ans en recherche de logement.
    Pour engager cette recherche, plusieurs pré-requis sans lesquels le projet Logement ne peut se construire :

    • inventaire des ressources,
    • ouverture des droits non acquis,
    • situation au regard de l'administration fiscale,
    • dépôt d'une demande de logement social,
      impliquent de s'être approprié l'utilisation des portails numériques des organismes de service public, ce qui n'est pas le cas pour les jeunes les plus fragiles d'après notre observation terrain.


  • @contributeur les mairies sont un point d'accès pour plusieurs de population rurale et urbaine. C'est aussi un point d'accès pour les personnes en situation de handicap ou les familles.



  • Bonsoir,
    D’autres pistes peuvent être exploitées comme la création de tiers-lieux numériques portés à l’echelle Inter-communale (qui en général possèdent déjà la compétence «aménagement numérique »). Un tiers lieux central couplé à plusieurs antennes (rayon de 10km) répondrait en partie aux problématiques de mobilité en milieu rural notamment. Ces antennes pourraient se trouver en mairie ou dans d’anciennes écoles de village ce qui permettrait de revaloriser certains sites sans dépenses de fonctionnement démesurées



  • Bonjour,
    Il est possible de s'appuyer sur les structures de proximité, associations et mouvements d'éducation populaire qui œuvrent au quotidien auprès de la population mais également les lieux ressources existants (PIMMS, MSAP, espaces net public, Points Info Jeunesse, Missions Locales ....)
    Pour compléter les propos des contributeurs , je m'appuie sur mon expérience en Centre Social agréé par la Caisse d'Allocations Familiales (+ de 2100 en France). Ces équipements de proximité ont pour vocation d'accueillir, d'informer et d'orienter les habitants dans leurs démarches et leurs accès aux droits. L'inclusion numérique fait partie des sujets traités actuellement. Cela devient d'ailleurs une nécessité pour accueillir, accompagner, favoriser les apprentissages pour des publics de différents âges notamment les retraités, les publics éloignés des usages numériques ... et être des lieux de médiation numérique. Des expérimentations de création de services collectifs en s'appuyant sur les lieux ressources et en mettant en réseau les acteurs du numérique sur un territoire.



  • @mission-société-numérique Il y a toujours deux approches. La port d'entrée destinée à attirer le public. Et l'entrée mobile qui va au public. Cette seconde perspective peut à la fois inclure des intéressants de proximité, bien sûr, mais aussi d'agilité, de proximité, "d'évènementialisation" (dans le sens où la présence de la porte d'entrée à tel moment et à tel lieu est 'objet d'attention car elle fait évènement) ainsi que de mutualisation (puisque une même porte peut servir plusieurs sites. Une déclinaison pourrait être par exemple un "tech truk".



  • Bonjour,
    médiateur numérique en ruralité, je constate qu'il est très difficile d'atteindre certains publics éloignés du monde numérique pour 3 raisons :

    • ces personnes sont pour beaucoup celles qui subissent déjà la fracture sociale ; même si certaines sont identifiables au travers des organismes assurant un suivi social , certaines échappent à leurs radars (personnes très isolées par exemple, d'autant plus si elles sont à mobilité réduite)
    • je vois de plus en plus de gens qui n'osent plus dire qu'ils n'ont jamais touché un ordinateur , l'illectronisme est aujourd'hui une réalité au même titre que l'illettrisme, générant le même sentiment de "honte"
    • il reste beaucoup de personnes (même de moins de 50 ans) qui, par peur ou par conviction, disent qu'ils n'ont pas besoin de savoir utiliser un ordinateur, que ça ne les intéresse pas, bref qui n'ont pas conscience qu'ils s'excluent d'une certaine façon socialement du monde d'aujourd'hui et encore plus de demain (ou l'occulte, voire s'ils le reconnaissant disent aujourd'hui "choisir d'être marginal" mais sans réellement en appréhender les conséquences); souvent ces personnes s'appuient d'ailleurs sur d'autres (enfants ou petits-enfants par exemple) dès qu'il y a besoin d'accéder au numérique
      Pour toutes ces personnes un seul point d'entrée possible : celui de la proximité, de ceux qui les connaissent ou les côtoient dans leur intimité , à savoir dans les villages : les aides à domicile (médicales, ménagères,...) , les mairies (via les maires mais surtout encore plus via les secrétaires de mairie). L'information sur ce qui sera mis en place devra s'accompagner de cette même proximité pour qu'elle leur parvienne et les convaincre d'entrer dans ce monde, qu'ils n'en aient pas peur, que ça leur sera utile et positif en terme de lien social en particulier. La "clé" à leur donner selon mon expérience : connaître leurs centre d'intérêts pour, quels qu'ils soient , leur montrer les avantages que le numérique peut leur apporter pour enrichir ceux-ci ; comme "il n'y a que le premier pas qui coûte", le reste suivra , y compris l'usage de l'e-administration


  • Bonjour,

    Les hôpitaux sont un point d'accès incontournable pour les personnes âgées vivant dans les territoires ruraux.

    Et dans les territoires isolés. Et même en milieu urbain.

    Pas seulement les personnes âgées : avec 15 millions de passages aux urgences par an, c'est un quart de la population qui fréquente l’hôpital une fois par an, juste pour les urgences.

    Malgré un retard considérable par rapport au reste des usages (CAF/Pôle emploi, administrations, transports, services bancaires, etc.), le monde de la santé accède progressivement à sa transformation numérique.

    La santé est un sujet de vulnérabilité ou de fragilité. Or la précarité numérique peut en être un facteur aggravant.

    Par exemple en réduisant les possibilité d'accès aux soins. Certains praticiens libéraux, médecins de ville ou spécialistes n’acceptent que les rendez-vous via une plateforme. Les résultats d'analyses biologiques sont à consulter sur des sites internet. Avec la raréfaction de la présence médicale, des solutions de téléconsultation se développent. Etc.

    Le droit d'accès à son information médicale pourrait être facilité par l'activation et l'usage de son Dossier Médical Partagé, qui est un échec faute, entre autre d'avoir accompagné sa mise en oeuvre systématique auprès des patients.

    L'amélioration de son état de santé, la prévention de sa dégradation et la qualité du parcours individuel de santé peuvent être améliorés par l'utilisation éclairée des objets connectés.

    Les civic-techs n'ont pas percolé dans les instances de démocratie sanitaire ou la gouvernance des établissements publics de santé. Ce sont pourtant souvent les premiers acteurs économiques de leur territoire en nombre d'emplois.

    Or aucun de ces sujets n'est appréhendé sous l'angle de la responsabilité populationnelle des services de santé publique : hôpitaux et structures médico-sociales, EHPAD, etc.

    Ce qui tend à proposer une offre de soin moderne, aux patients connectés, qui maitrisent leur parcours de santé, bénéficient d'un choix éclairé et font valoir leur droit en tant que patient.
    Et les autres, à vitesse lente, subissent un système de santé de l'indigence : temps d'attente pléthoriques, sans maîtrise de l'information médicale personnelle, dont le partage entre praticien, aléatoire, menace la qualité de leur itinéraire de soins.

    Les établissements publics de santé et médico-sociaux sont pourtant autant de points d'accès, de lieux d'interface et de médiation avec les citoyens-patients-usagers. Et autant de points potentiel de création d'e-exclusion.

    Ils pourraient donc constituer des centres de ressources pour l'accompagnement des publics aux usages numériques en santé. Et en tout premier lieu recenser les besoins d'accompagnement des publics qu'ils accueillent

    Une partie de ces usages numériques relève d'un "tronc commun" universel (découverte des outils, acculturation aux environnements et à la culture digitale). Une autre des spécificité sectorielle (collecte et utilisation des données personnelles de santé, appareillage connecté, etc).



  • Ci-dessous, une action en cours dans l'agglomération Grand Paris Sud. Son intérêt me semble être de pouvoir faire une comparaison (en cours) de trois acteurs de l'inclusion (via la formation).
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  • les associations de jeunesse et d'éducation populaire (MJC, fiyers ruraux, centres sociaux, auberges de jeunesse, amicales laiques, centres de loisirs..... ) sont présentes sur la plupart des territoires. leur mission est de favoriser le développement et l'épanouissement de chacun. Elles pourraient être ici mobilisées comme elles l'ont été sur bien d'autres domaines ces dernières années...Ne les laissons pas de côté



  • Associer aux structures associatives de proximité et organismes de formation qui forment des publics adultes pour leur apprendre à lire, écrire, parler, etc, y compris les personnes en situation d'illettrisme (qui ont donc été scolarisées en France). Bien entendu, toutes les personnes en situation d'illettrisme ne sont pas concernées par la fracture numérique (et inversement).
    Mais c'est une entrée pour atteindre les publics.
    Les Centres Ressources Illettrisme (qui sont présents sur les territoires) peuvent permettre d'identifier ces structures.



  • Bonjour,
    les bibliothèques sont des points d'accès dans les territoires ruraux également.


  • Mission Société Numérique

    Contribution collective lors de l'atelier de travail à Dijon le 18/01/2018 :

    • Importance des leviers de motivation : la question ce n’est pas toujours où on atteint les personnes mais COMMENT on les atteint. Leviers de motivation à déterminer en fonction d’un usage qui intéresserait le public cible :
      o Seniors : formation pour faire un album photo, jeucx
      o Usages citoyens et professionnels : idée d’articuler plus facilement les temps de vie grâce au Numérique

    • Importance de l’ergonomie des sites à prendre en compte + mise en place de système de e-consultation
      o Ex : interface CAF : ludique car ressemble à Facebook
      o Prendre en compte pb d’accès à un scanner : besoin de penser à simplement prendre une photo simple
      o Besoin de plaquettes avec un langage simplifié
      o Mise en place de système de visio conférence (e-consultation) pour consultation des services publics à distance

    • Prendre en compte : public seconde industrielle (CAP), jeunes décrocheurs scolaires,
      Lieux : Kelle Fabrik, école de la 2e chance, MJC, Médiathèques, EPIDE, Mission locale
      Mais seulement 24 jeunes /an qui « acceptent » de venir se former

    • Vrais besoins au niveau de l’école (numérique éducatif)

    • Penser aux publics qu’on n’a pas dans le spectre, qu’on n’a pas repéré comme étant inaccessibles ou réticents : diffusion de l’information / type de discours pour attirer leur attention

    • Penser aux publics qui n’ont pas envie d’utiliser le numérique (avec stratégie de contournement notamment)

    • Exemple de l’Afrique : communautés sans culture écrite : transmission orale qui fonctionne pour communiquer les savoirs agricoles : formation par les pairs pertinente
      Exemple de l’Inde : obligation de passer au numérique, pas de choix
      Exemple des Access school : personne en décrochage depuis la 5e : ceux qui réussissent le mieux parce que très agiles

    • Formation/aide par les pairs (communauté) primordiale
      --> il y a un vrai besoin sur la formation de tous les intermédiaires/aidants

    • Besoin de valoriser les compétences numériques pour pouvoir faire venir les personnes : labellisation pour certifier l’acquisition de compétences
      --> Attention certaines personnes ne souhaitent pas être évaluées mais veulent juste savoir faire
      Question des soft skills : gratuites et libres de droit / possible de valoriser comme on le souhaite

    • Exemple : appel au volontariat en Saône et Loire : cartographie des projets d’accompagnement : tout le monde peut dire et faire de l’accompagnement

    Types de personnes / Lieux pour les atteindre (voir la matrice)

    Tous : lors du recensement : quelle part l’a fait numériquement vs en papier ?

    • Personnes qui n’ont pas envie
      --> Jouer sur les leviers de mobilisation (cf. guide de sensibilisation)

    • Bénéficiaires des minima sociaux

    • Personnes ayant des difficultés en français

    • 16-30 ans
      o Missions locales
      o Maisons des solidarités
      o JAPD
      o Bénéficiaires du programme de formation « compétences clés »

    • Seniors
      o Besoin de bus équipés pour aller dans les villages
      o Bibliothèques
      o EPN

    • Empêchés physiquement
      o Lieux : mise en place de système de visio

    • Personnes qui n’ont pas le temps

    • Jeunes en situation de décrochage scolaire
      o JAPD
      o Ecole de la 2e chance
      o Asso sportives
      o MJC
      o Médiathèques
      o Pairs (commuanutés)



  • @margot-aptel

    Vous auriez pu écrire la même chose il y a quinze ans.
    Du reste c'est ce que font des milliers d'Espace Publics Numériques en France, en Belgique et ailleurs.
    Le fait est que nous en sommes toujours à se demander comment résorber la "fracture numérique".
    Il y a déjà des propositions d'actions dans le rapport Cnnum e-inclusion, dans le rapport Cavani etc... dont celles que vous citez .
    Qu'avons nous expérimenté ?
    Quels sont les retours ?
    Comment pouvons nous éventuellement "passer à l'échelle" ?
    Quelles sont les attentes des professionnels de la médiation numérique ? (être reconnus je vous donne déjà la réponse, elle a plus de 5 ans).
    Quels sont les besoins du public ?
    Quelle est la volonté du gouvernement ?

    Ce sont ces questions auxquelles il faut répondre pour définir une stratégie nationale pour un numérique inclusif.

    Qu'es-ce qu'on entend par numérique inclusif ?

    A 15 jours de la fin de la consultation, à peine une centaine de message sur cette plateforme.
    Analysez d'autres plateformes du même acabit, vous ferrez le même constat. On utilise pas les outils. Pas même les professionnels, pas même ceux qui savent. Pourquoi ?

    Parce que nous n'accompagnons pas les usages. La clef est là .

    Accompagner les usages.

    Donner de la visibilité au corpus de la médiation numérique.
    Cesser de faire de cette priorité nationale, une mission de service civique dans les préfectures.
    Exiger que toute dématérialisation soit accompagnée
    Renforcer l'article 69 de la loi "république numérique".

    Ne perdez pas courage.



  • Bonjour,

    Mettre en place des partenariats avec la CPAM, Carsat, Pôle Emploi, le département (assistante sociale, référent RSA, Les bailleurs sociaux, CAF, sous-préfecture , les mairies, les foyers d'intégration...) Chose faite pour nous et nous accueillons un large public avec un suivi régulier(communication constante avec les conseillers pôle emploi, assistantes sociales) des démarches administratives en ligne, mettre en place des ateliers de parcours d'inclusion numérique (chose faite également pour nous). Nous recevons environs 380 personnes sur un trimestres ....



  • @loicgervais a dit dans Comment atteindre les publics cibles de la stratégie nationale pour un numérique inclusif ? :

    A 15 jours de la fin de la consultation, à peine une centaine de message sur cette plateforme.
    Analysez d'autres plateformes du même acabit, vous ferrez le même constat. On utilise pas les outils. Pas même les professionnels, pas même ceux qui savent. Pourquoi ?
    Parce que nous n'accompagnons pas les usages. La clef est là .
    Accompagner les usages.

    Je viens de découvrir cette plateforme, je parcours, je lis des interventions, et j'en retiens essentiellement une: "accompagner les usages"
    J'en ajouterais une, une seule " simplifier, c'est à dire ne pas proposer 47 solutions, c'est trop, ne pas détailler les solutions avant d'en discuter, ne pas multiplier par 29 les interlocuteurs et les intermédiaires".
    Nous pouvons avancer vers plus de numérique inclusif, si nous sommes nombreux à apporter un élément, adapté, étudié, choisi, pour construire à un même endroit, un ensemble cohérent. La clé est là, "accompagner, ne pas embrouiller"



  • @anas-le-havre nous sommes dans la même dynamique à La Rochelle où nous impliquons les institution CARSAT, CPAM, PE, CAF et Impôts dans une démarche d'expérimentation #APTIC autour d'une équipe de Med Num formée en 386 h par le réseau Net Solidaire, le tout autour d'un diagnostic territorial et d'une stratégie d'inclusion avec Emmaüs Connect et WTC.



  • Dans le cadre de l'atelier organisé à Lens, le 6 février 2018, par la communauté d'agglomérations Lens-Liévin, plusieurs sujets sont venus nourrir la thématique de l'atteinte des publics cibles :

    • Les Espaces Publics Numériques sont aujourd'hui majoritairement situés dans des écoles en activité, les personnes ciblées (ici ont été particulièrement citées des femmes de 50 à 65 ans) ne sont pas au contact de ces lieux, ne connaissent généralement pas leur existence, ni ce qu'elles pourraient y apprendre en fonction de leur besoin.

    • En revanche, certains lieux ont diversifié leurs activités pour étendre leur réseau d'influence. Par exemple, l'EPN de Loos-en-Gohelle s'appuie sur un jardin partagé dans lequel des publics séniors viennent partager leur expertise et sont ensuite encouragés à la documenter en ligne (blogs, vidéos). Ces personnes en seraient pas venus uniquement se former sur des outils numériques mais y sont amenés par un sujet qui les touche personnellement.

    • Enfin, la vision général associée au numérique est très centrée sur l'outil "ordinateur". En utilisant des outils plus proches du quotidien (objets connectés, assistants vocaux), ou inversement des outils qui en sont très éloignés (réalité virtuelle, drones) il est possible d'intéresser des publics nouveaux.



  • @mission-société-numérique

    • le problème de communication sur les EPN est récurrent depuis 20 ans. On constate le même phénomène dans d'autres domaines typiquement sur la solution "mes aides-en ligne" ceux qui en ont le plus besoin sont ceux qui ignorent que cette solution existent.

    • l'évolution de l'animateur multimédia à médiateur numérique, je vous renvoie à mon billet : http://mediateurnumerique.org/2015/09/22/je-suis-mediateur-numerique/

    • qui borne la vision à l'outil ? dans 90 % des cas ce sont soient les financeurs qui n'ont pas d'appétence pour ce sujet (et on renvoie bien à la nécessité de toucher les élus sur ce sujet) soit les animateurs eux-mêmes par manque de formation par exemple(et là on renvoie au besoin de formation, à la filière #mednum)

    proposition : inclure un module "médiation numérique" dans toutes les formations "social et socio culturelles".

    Aujourd'hui quand vous passez un Bafa, un brevet d'éducateur spécialisé, un DUT de bibliothécaire ces aspects d'accompagnement des publics aux outils, aux usages et aux enjeux du numérique ne sont que très peu abordées, voir pas du tout abordées.



  • Énorme +1 sur les interventions de @loicgervais :

    Vous auriez pu écrire la même chose il y a quinze ans.

    Quelles sont les attentes des professionnels de la médiation numérique ? (être reconnus je vous donne déjà la réponse, elle a plus de 5 ans).

    Ce sont ces questions auxquelles il faut répondre pour définir une stratégie nationale pour un numérique inclusif.

    Quel est donc l'objectif poursuivi par cette « matrice » ? Certes, c'est un beau livrable à mettre dans un rapport. Mais quand je la parcours, je ne comprends pas ce qu'elle apporte.

    Comment pouvons-nous même envisager de définir une manière d'« atteindre les publics cibles de la stratégie nationale pour un numérique inclusif » avant d'avoir défini cette « stratégie » ? Le fil comment sensibiliser évite pourtant cette confusion entre public à inclure et objectif à remplir.

    La création de cette matrice est triviale : si vous visez les jeunes, allez là où sont les jeunes. Si vous visez les vieux, allez là où sont les vieux. Les CCAS, les EHPAD, les CIDJ, les CRIJ, les [insérer ici un autre acronyme]… ? Pourquoi pas. Chacun de ces acteurs connaît son public. Cela revient à cartographier les acteurs de la solidarité. La question est :

    1. Peuvent-ils considérer que l'inclusion numérique fait partie de leur mission ?
    2. Ont-ils les moyens de remplir cette nouvelle mission ?

    Alors, qui est réellement le « public cible » de cette stratégie nationale que nous sommes censés co-construire ? Imagine-t-on vraiment que la centaine de gens — de très bonne volonté au demeurant — qui prennent de leur temps pour échanger sur ce forum vont aboutir à un super document qui va enfin inclure les exclus, et qu'il faudrait d'ores et déjà déterminer par quels canaux le diffuser ?

    Soit on a les moyens de construire une nouvelle force nationale spécifique à l'inclusion numérique, et elle existera de toute façon en marge de ces autres acteurs.
    Soit on se repose sur ceux qui existent déjà, mais alors il ne s'agit pas de diffuser une bonne parole, mais de leur donner conscience que le champ de leur action s'est nécessairement élargi (sur un domaine où ils sont souvent eux-mêmes mal à l'aise), et de les aider à prendre en charge cette nouvelle forme d'exclusion.
    Et dans ce cas, je ne crois pas que ça soit à un acteur central de décider qui a à bénéficier ou non d'un accompagnement. Si l'on met simplement à disposition des ressources (formation, outils…) pour répondre aux problématique réelles des assistant·e·s de service social, qui incluent nécessairement le numérique, on aura à mon sens bien mieux investi nos moyens.

    Proposition simple pour atteindre les publics cibles, quels qu'ils soient :

    1. Co-construire des outils qui respectent les conditions d’adoption du numérique dans le service social (détails derrière le lien), pourquoi pas en mobilisant des Startups d'État, qui ont déjà donné PIX et Mes Aides.
    2. Référencer ces outils dans un catalogue communautaire d'outils numériques.
    3. Accompagner l'adoption par de la formation de formateurs et de relais locaux, sur la base du volontariat.
    4. Élargir l'étendue du catalogue pour qu'il devienne un espace d'échange de bonnes pratiques et d'entraide.


  • Bonjour,
    C'est avec intérêt que nous prenons connaissance des réflexions sur l'atteinte des publics cibles. En complément de tout ce qui a déjà été apporté, nous pouvons partager notre expérience pour atteindre un ensemble de populations en exclusion numérique . Nous allons en effet au devant des habitants des Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville dans le cadre d'un programme de médiation santé en Rhône Alpes. Suivant les territoires, cela nous amène parfois à faire du "porte à porte" dans les immeubles pour atteindre les personnes les plus isolées, parfois même "invisibles" aux autres acteurs. Dans le point que nous faisons avec eux sur leurs difficultés d'accès à la santé l'inclusion numérique est quasiment toujours abordée (capacités à rechercher de l'information par Internet, prise de rdv en ligne etc). Cela nous permet :
    1 de mesurer "naturellement" leur degré d'exclusion numérique
    2 de leur proposer de les aider à résoudre leur problème sur le champ. Cette résolution de leur problème d'accès à la santé en ligne avec notre aide nous permet de les sensibiliser tout aussi naturellement à l'intérêt de la maitrise du numérique et ainsi d'augmenter leur motivation à s'autonomiser.
    3 de les informer ensuite par la même occasion des espaces du territoire permettant de gagner en autonomie numérique (EPN, centres sociaux etc.)
    Nous atteignons ainsi tous les habitants des Quartiers Prioritaires déterminés par la concentration de pauvreté. Les personnes âgées mais aussi les 30-60 ans qui sont restés éloignés du numérique du fait de parcours professionnels ne les ayant pas exposé à ces outils : métiers non numérisés, chômage de longue durée etc. L'intérêt du porte à porte par les médiateurs santé (ou sociaux) est donc de permettre l'atteinte des personnes qui ne seraient pas repérables par les autres acteurs (sociaux, médicaux, éducatifs etc.) car isolées. A noter que pour pouvoir apporter un accès à la santé numérisé au plus près des lieux de vie et dans toutes les situations, nous avons fait évoluer notre matériel vers un terminal hybride PC/Tablette 12' ultraléger (850 gr étui-clavier inclus) doté d'un système d'accès à Internet en permanence par 3G.


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