Bonjour,
j'adhère totalement à cette analyse. Concernant l'e-administration on a effectivement mis (à marche forcée) la charrue avant les bœufs et ce sont surtout les personnes déjà les plus fragiles qui pâtissent le plus du manque d'accompagnement et du "fait accompli" (demandeurs d'emplois par exemple suite à la dématérialisation des services Pôle Emploi , mal accompagnée, ou par ex aussi personnes non initiées aux bons usages et risque d'Internet et se faisant piéger,...).
C'est pourquoi d'ailleurs j'ai poussé au développement d'une MSAP au sein du Centre Social (associatif) où j'interviens permettant de combiner :

repérage des personnes en "difficulté numérique" sur le territoire, y compris auprès d'associations d'aides aux personnes avec déficience intellectuelle initiation au numérique accompagnement aux démarches administratives numérisées, les intervenants faisant office d'interfaces entre les particuliers te leurs dossiers et les administrations
le tout dans une approche globale "sociale et humaine" de chaque usager sur du long terme au besoin.
Les problèmes pour répondre à l'urgence et aux besoins énormes (zone rurale) demeurent néanmoins : une prise de conscience de ces besoins et de l'urgence par les élus du territoire et une volonté politique au sein des collectivités territoriales pour organiser le développement de ces services, à commencer par l'identification des personnes en situation d'exclusion numérique et le déploiement des moyens humains/techniques nécessaires, en particulier pour les personnes à mobilité réduite (pour raisons physiques ou financières) nécessitant un accompagnement de proximité. L'inclusion numérique est trop souvent perçue par les élus locaux comme un problème de formation à des outils (par des EPN type cyberbases) et non comme un problème plus global d'accompagnement non seulement technique mais aussi social un problème de moyens financiers essentiellement dû à des organismes de financement éparpillés, des nécessités de co-financement parfois difficiles à réaliser et générant une surcharge en recherches et gestion administrative et comptable, bref un problème de pilotage global de ces moyens pour une utilisation efficiente; les chèques APTIC sont intéressants pour aider certains organismes mais ils ne répondent pas de ce fait à cette problématique des associations; par ex. le Centre Social en question à qui j'ai signalé leur existence ne peut les utiliser car 0 possibilité de prise en charge sur fonds propre l'identification et la reconnaissance, par les acteurs du territoire (organisme publics, collectivités, organismes prestataires), d'une spécificité "médiateur numérique" alliant compétences sociales, pédagogiques et techniques , et nécessitant une gestion RH de cette spécificité (formation, rétribution, évolution)